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TIP Report 2008

Benin Trafficking in Persons Report 2008

BENIN : CATEGORIE 2

Le Bénin est un pays d’origine, de transit et, dans une moindre mesure, de destination des enfants victimes de traite à des fins de travail forcé et d’exploitation sexuelle à des fins commerciale. Selon une étude effectuée par l’UNICEF en 2006, 93 pour cent des victimes étaient de nationalité béninoise et 92 pour cent étaient victimes de la traite interne. 86 pour cent des victimes de la traite interne étaient des mineures. Sur le plan interne, les filles victimes de la traite sont surtout utilisées à des fins de travaux domestiques et d’exploitation sexuelle, tandis que les garçons sont exploités comme travailleurs dans les plantations, vendeurs ambulants, ouvriers sur les chantiers de construction et dans le secteur de l’artisanat. Des informations non vérifiées font état de ce que le tourisme sexuel infantile serait entrain de se développer au Nord du Bénin. Les enfants sont envoyés dans d’autres pays africains à des fins ci-dessus citées, et également à des fins de travaux forcés dans les mines et les carrières de pierre. La majorité des victimes de la traite transnationale sont convoyées du Bénin vers le Nigeria et le Gabon, bien que certains soient également envoyés au Cameroun, au Togo, en Cote d’Ivoire, au Ghana, au Congo et en Guinée Bissau. Un nombre réduit d’enfants togolais, nigériens et burkina bè fait l’objet de traite à destination du Bénin.

Le Gouvernement du Bénin ne se conforme pas totalement aux normes minimales pour éradiquer la traite. Cependant, il déploie des efforts significatifs pour y parvenir, malgré les ressources limitées dont il dispose. Bien que le Bénin ait augmenté l’année dernière, de façon globale, ses efforts en matière d’application des lois et de protection des victimes, les peines infligées aux trafiquants arrêtés étaient insuffisantes, et le Gouvernement du Bénin n’a pas pu mettre en place une procédure d’identification des victimes de traite parmi les prostituées.

Recommandations pour le Bénin : Augmenter les peines infligées aux auteurs de la traite, contrôler les prostituées en vue d’identifier parmi elles les victimes de la traite, engager des investigations afin de savoir s’il existe le tourisme sexuel infantile au nord, et adopter une loi contre la traite des adultes.

Répression

Au cours de l’année passée, le gouvernement du Bénin a pris des mesures accrues pour combattre la traite, en fournissant des efforts d’application de la loi. Le Bénin n’interdit pas toutes les formes de traite humaine, bien que sa loi de 2006 portant conditions de déplacement des mineurs et répression de la traite au Bénin criminalise toutes les formes de traite d’enfant et prévoit à l’encontre de leurs auteurs une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans, une peine suffisamment sévère, semblable à celles prévues en cas de viol. En 2007 et au début de 2008, le gouvernement a arrêté 31 trafiquants. Entre avril 2007 et mars 2008, le Benin a signalé 39 dossiers de poursuites judiciaires et 18 dossiers de condamnations d’auteurs de la traite ; ce qui constitue une augmentation par rapport aux 35 dossiers de poursuites judiciaires et aux 8 dossiers de condamnation rapportés l’année dernière. Néanmoins, les peines infligées aux trafiquants d’enfants n’étaient pas suffisantes, car elles vont de 3 mois d’emprisonnement avec sursis à un an d’emprisonnement ferme. En avril 2007, le gouvernement du Bénin  a contribué au programme de formation de formateurs de l’ONUDC en matière de la lutte contre la traite à l’intention des officiers de police et des acteurs judiciaires, en fournissant des formateurs.

Protection

L’année dernière, le Gouvernement béninois a intensifié ses activités de protection des victimes de la traite. La BPM a rapporté qu’elle a récupéré 190 victimes de la traite dont 25 ont été rapatriées du Nigeria. Ceci constitue une augmentation substantielle par rapport aux 88 victimes récupérées au titre de 2006. En janvier et en février 2008, les autorités béninoises et nigérianes ont œuvré ensemble, conformément au plan d’action conjoint de lutte contre la traite, pour rapatrier du Nigeria 47 enfants béninois des carrières de pierre où ils étaient exploités. La BPM a continué d’envoyer systématiquement les enfants sauvés de la traite dans des centres d’accueil appartenant à des ONG. En outre, le centre d’accueil du gouvernement est devenu opérationnel à partir de mai 2007. Le gouvernement s’occupe de l’alimentation des victimes  hébergées au centre d’accueil, qui est rattaché à la BPM et dont le personnel a été fourni par des ONG. Le centre d’accueil offre de façon temporaire ses services aux victimes avant leur transfert dans les centres d’accueil des ONG.
Le Ministère de la Famille continue de travailler avec les ONG en vue de la réinsertion des victimes dans leurs familles respectives. Le gouvernement ne ramène pas les victimes de la traite chez elles sans avoir assuré pour chaque enfant un programme de réinsertion tel que : éducation scolaire, formation professionnelle ou apprentissage. Le gouvernement, à travers ses Centres de Promotion établis dans chacune des 77 communes que compte le Bénin, continue d’offrir des prestations sociales de base aux enfants, y compris aux victimes de la traite. Le gouvernement interroge les victimes de la traite dans le but de réunir des preuves pour condamner les trafiquants. Cependant, le gouvernement n’encourage pas les enfants victimes de la traite à participer aux procès pour éviter qu’elles soient davantage traumatisées, à moins que le juge l’autorise. Les autorités gouvernementales n’ont pas de procédures d’identification des victimes de traite parmi les prostituées. Le Bénin offre des solutions légales pour éviter que les enfants étrangers victimes de la traite soient déplacés dans des pays où ils connaitront des difficultés, ou évite de les rapatrier dans leurs pays d’origine sans s’assurer qu’ils y vivront en toute sécurité. Les victimes ne sont pas injustement incarcérées ou ne se voient pas imposer des amendes lorsqu’elles commettent des délits directement liés à leur situation d’enfants victimes de traite.

Prévention

Le gouvernement béninois a déployé des efforts considérables pour sensibiliser la population sur la traite au cours de la période de référence. Du 12 au 17 août 2007, les autorités béninoises, ensemble avec leurs homologues nigérians et l’UNICEF, ont procédé à des séances de sensibilisation au profit des agents chargés de l’application de la loi et des habitants de six villages situés à la frontière bénino-nigériane. Par ailleurs, le Comité conjoint de lutte contre la traite des enfants s’est réuni deux fois en 2007 pour discuter des questions relatives à la coordination des activités de lutte contre la traite. Le gouvernement a achevé en octobre 2007 l’étude nationale sur la traite des enfants sponsorisée par l’UNICEF, et a validé en septembre 2007 le plan national de lutte contre la traite et le travail des enfants sponsorisé par le BIT. En Avril 2007, la Cellule Nationale de Suivi et de Coordination pour la Protection de l’Enfant a soumis des projets de décrets au Ministère de la Justice. Ces décrets permettront l’application des dispositions relatives au déplacement des enfants contenues dans la loi de 2006. Ces dispositions exigent que les enfants entrant au Bénin doivent avoir leurs pièces d’identité et que les enfants accompagnés par des personnes autres que leurs parents doivent être munies d’une autorisation parentale. Les agents de la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) effectuent des contrôles au niveau des frontières afin d’identifier d’éventuels trafiquants et victimes. Grâce  au financement d’un partenaire, les troupes béninoises déployées à l’étranger dans le cadre des missions de maintien de la paix du programme militaire ACOTA sont sensibilisées au problème de la traite. Le gouvernement du Bénin n’a pas pris des mesures en vue de la réduction du marché du sexe au Bénin.

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